Souvenirs…

Créé par une bande de copains en 1968, l’Athlétic Club Labastide Beauvoir a su préserver tout au long de ces années l’esprit « rugby de village » qui était si cher à ses fondateurs. Aujourd’hui coprésident de l’A.C.L.B., Claude Bergès était joueur dans la première équipe de l’A.C.L.B. inscrite en championnat des Pyrénées lors de la saison 1968/1969. Autant dire qu’il se rappelle très bien de la création du club à la fin des années 60 :

J’avais 19 ans… à l’époque les dimanches étaient assez tristes et l’activité principale consistait à aller danser dans les bals organisés dans les villages du coin. C’est Aristide Milhavet, transporteur de profession et qui avait donc un grand camion, qui nous prenait et nous emmenait de bals en bals. Un week-end, lors d’une de ces soirées, il a lancé l’idée de la création d’un club de rugby au village. Le lundi il est parti acheter un ballon de rugby et dès l’après-midi nous nous sommes retrouvés à nous faire des passes dans un champ d’une ferme du village.

Quelques mois après l’arrivée de ce premier ballon de rugby à Labastide-Beauvoir, le club se structure et voit officiellement le jour en 1968 avec comme premier président le buraliste du village, Jean Latcher. Claude Bergès se souvient :

On le savait fan de rugby… Il passait beaucoup de temps à jouer à la belote et un jour nous sommes allés le chercher en lui disant de lâcher les cartes pour venir s’occuper du club.

Le club se dote également d’un siège social, le « Café Bergès », d’un ancien joueur du TOEC comme entraîneur, Marcel Salvan, alors que c’est un champ de vaches situé sur la propriété agricole d’« En Jourdanet » qui fait office de terrain.

Les poteaux n’étaient pas tout à fait droits et le terrain n’était pas vraiment plat… Je me rappelle des premiers matchs avec des adversaires souvent étonnés de devoir éviter les bouses de vaches présentes sur le terrain. Quant aux douches, nous les avions installées dans les étables. Nous avions tracé nous-même les lignes de façon à ce que le terrain puisse être homologué. Cependant, les arbitres de l’époque nous ont plusieurs fois menacé d’annuler les rencontres car le terrain était inondé, l’eau ayant du mal à s’évacuer. Finalement nous avions trouvé la parade avec les moyens du bord… À chaque fois qu’il pleuvait un peu trop, nous venions tôt le matin avec de grosses éponges pour aspirer l’eau présente sur le terrain de façon à ce que le terrain soit jouable l’après-midi

Claude se souvient aussi du geste d’Alain Levade, champion de France avec Montauban en 1967 :

C’était au tout début de la création du club. Ses parents habitaient à Tarabel et il avait entendu parler de la création du club. Un après-midi il est venu voir un entraînement et nous a apporté un sac entier de crampons.

ensemencement

Le « Café Bergès » voit s’écrire l’histoire du club.
En 1971, voyant que les dirigeants du club sont bien décidés à continuer de faire vivre l’association, la municipalité décide finalement de réaliser un vrai terrain sur le site de l’actuel stade municipal. Là encore, les dirigeants de l’époque n’hésitent pas à donner de leur personne pour mettre aux normes les installations en passant eux-mêmes plusieurs heures à ensemencer à la main le terrain. Deux ans après, ce seront à nouveaux eux qui vont réaliser de leurs propres mains le club house du club alors que sur le plan sportif le club se structure également.

À cette époque il y avait parmi les joueurs de l’équipe le boulanger du village, Bernard Avignon. Il connaissait quelques joueurs de bon niveau et avait réussi à les faire venir jouer au club.

Avec le club house naît également l’école de rugby, ce dont peu de club à l’époque peuvent se vanter. Et c’est encore la remise du « Café Bergès » qui sert de cadre à la création de cette structure dédiée aux jeunes :

On avait l’habitude de faire de nombreux repas dans la remise du café Bergès. Lors d’un de ceux-ci, c’est Alexandre Cambon qui habitait à Escalquens qui a lancé l’idée de monter une école de rugby. Il a fait venir quelques jeunes d’Escalquens et très vite nous avons pu tourner avec une trentaine de gamins qui venaient de tous les villages des alentours. Nous avons alors beaucoup travaillé avec les municipalités voisines dont Escalquens et je me rappelle encore des tournées de ramassage organisées par les éducateurs pour aller chercher les enfants à Lanta ou Maureville puis pour les ramener une fois l’entraînement terminé.

Grâce à ce travail effectué par tous les bénévoles du club mais aussi à l’excellent esprit régnant au sein des équipes seniors et jeunes, le club grandit de façon sereine. Vient alors le temps des premiers titres d’abord grâce à l’équipe réserve au début des années 80 puis avec l’équipe fanion, championne des Pyrénées de troisième série en 1983. D’autres titres suivront et le club tutoiera même l’élite régionale en accédant en division honneur en 1985. Aujourd’hui l’A.C.L.B. entend préserver avant tout l’ambiance régnant autour du club tout en lui permettant d’être compétitif.

Aujourd’hui nous pensons être à notre place et voulons surtout rester humble en préservant avant tout cet esprit convivial et propre au « rugby de village » qui fait la force du club depuis sa création. Il faut rappeler qu’à Labastide-Beauvoir il n’est pas question de faire venir des joueurs en les rémunérant ou en leur payant des frais de déplacements… Ici ce sont des valeurs d’amitié et de convivialité qui prévalent.

Il n'y a pas d'âge pour la passion